Faire concourir des jeunes sur leur expression orale est un exercice qui présente beaucoup d’intérêt. Depuis l’Antiquité, la définition de l’éloquence semble bien acquise. Toutefois, les mécanismes de la conviction et les stratagèmes du discours sont en constante évolution. Regard sur le passé et sur la pratique actuelle du concours d’éloquence organisé pour des lycéens.
TEXTE DE RÉMI DUGRAVOT ET FRANÇOIS LAUBACHER
« Plaire, émouvoir et convaincre par la force de la parole », telle est la définition de l’éloquence donnée par Cicéron. Cette définition de l’Antiquité est toujours d’actualité et représente même le fil conducteur d’un candidat à l’éloquence.
Une vertu enseignée sous la Grèce antique
L’éloquence était considérée par la Grèce antique comme un art à part entière, une compétence précieuse pour les citoyens. Corax de Syracuse au VIe siècle avant JC, grand orateur, aurait établi les premières bases de « l’art de bien parler ».
Socrate au Ve siècle avant JC n’a confiance qu’en la vérité. Pour lui, la persuasion ne viendrait que de la seule vérité. Ainsi, l’arithmétique n’a ainsi pas besoin de rhétorique, les chiffres parlants d’eux-mêmes.
Pour Démosthène au IVe siècle av JC, considéré comme le plus grand orateur de cette époque par Cicéron, bègue de naissance, la légende raconte qu’il se fit violence de parler avec des cailloux dans la bouche ,afin de pouvoir améliorer avec efficacité sa diction.
Isocrate, au IVe siècle av JC, fonda même une école de rhétorique, comme une école de la citoyenneté associant la pensée juste avec la parole juste et précise...